L’Agence de la transition écologique (ADEME) et l’Office français de la biodiversité (OFB) viennent de dévoiler ACT Biodiversité. Cette nouvelle méthodologie vise à évaluer la crédibilité et la robustesse des stratégies biodiversité des entreprises, concrétisant ainsi un engagement de la Stratégie nationale biodiversité (SNB3).
Fruit de trois années de recherche, de développement méthodologique, de concertation avec les parties prenantes et d’expérimentation auprès de grandes entreprises françaises, ACT Biodiversité ambitionne de devenir un cadre de référence pour accompagner les acteurs économiques dans la préservation du vivant.
Les liens suivants vous permettent de consulter la méthodologie complète (PDF), le rapport du roadtest conduit avec 13 entreprises volontaires (PDF) et de vous inscrire au webinaire de présentation, organisé par l’ADEME et l’OFB le 30 juin à 13h30 pour découvrir la méthode en compagnie des équipes des deux agences.

Un cadre méthodologique inspiré des méthodes ACT évaluation pour le climat
Inspirée de la méthode ACT (Accelerate Climate Transition), déjà adoptée par plus de 3 000 entreprises, ACT Biodiversité transpose cette approche à la gestion des enjeux liés à la nature.
La méthodologie s’inscrit dans un contexte réglementaire et normatif en pleine évolution. Elle répond notamment aux exigences de la directive européenne sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD) et s’aligne sur les objectifs du Cadre mondial pour la biodiversité adopté lors de la COP15 de Kunming-Montréal. Elle prend également en compte des référentiels volontaires reconnus, tels que la TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures) et SBTN (Science Based Targets for Nature).
Cette méthode s’adresse en priorité aux entreprises ayant déjà structuré une stratégie biodiversité basée sur l’analyse de leurs impacts et dépendances.
Mesurer l’alignement des entreprises avec les objectifs scientifiques
L’objectif de la méthodologie est d’évaluer dans quelle mesure une entreprise contribue à réduire les principaux facteurs d’érosion de la biodiversité identifiés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
- le changement d’usage des sols ;
- l’exploitation des ressources naturelles ;
- le changement climatique ;
- la pollution ;
- les espèces exotiques envahissantes.
Au-delà de l’analyse des engagements affichés, ACT Biodiversité évalue également la crédibilité de son plan d’action et les résultats obtenus. L’approche se veut à la fois globale et opérationnelle, en intégrant la chaîne de valeur amont, depuis les activités directes jusqu’aux fournisseurs de matières premières.
Une approche sectorielle pour les activités les plus impactantes
Bien qu’applicable à tous, la méthode intègre des indicateurs spécifiques pour 4 secteurs clés : l’agriculture, la construction, la chimie et l’énergie.
Pour apprécier le niveau d’ambition des actions mises en œuvre, les équipes de l’ADEME et de l’OFB ont conduit un important travail de revue scientifique et bibliographique. Celui-ci a permis de constituer des référentiels de bonnes pratiques sectorielles servant de base à l’évaluation des mesures opérationnelles déployées par les entreprises.
L’ambition est double : accompagner les entreprises dans une démarche structurée de collecte et d’analyse des données liées à leurs impacts sur la biodiversité, tout en valorisant les actions permettant de réduire concrètement les pressions exercées sur les écosystèmes.
De plus, cette évaluation servira de passerelle majeure pour obtenir la reconnaissance du programme « Entreprises engagées pour la nature » (EEN) de l’OFB.
Une méthodologie construite collectivement
Le développement d’ACT Biodiversité a mobilisé un large réseau d’experts et d’acteurs économiques. Aux côtés de l’ADEME et de l’OFB, un groupe de travail technique réunissant notamment WWF, BL Evolution, I Care, Utopies et CDC Biodiversité a contribué à l’élaboration du référentiel.
Une consultation publique organisée en 2025 a également permis de recueillir les contributions de plusieurs experts externes.
La méthodologie a enfin été testée dans le cadre d’une expérimentation grandeur nature menée par le cabinet EVEA auprès de treize grandes entreprises françaises, parmi lesquelles Bouygues, Carrefour, Cooperl, Eiffage, ENGIE Solutions, Michelin, Pierre Fabre, RATP, Renault, Veolia, WPD France et Yoplait. Cette phase pilote a permis d’ajuster le dispositif et d’en confirmer la pertinence avant sa publication officielle.