Année

2024

Secteur
Industrie légère
Méthodologie ACT
Generic

Score de performance

Bosch s’est fixé des objectifs climatiques uniquement à l’horizon 2030, sans ambition à long-terme ni jalons intermédiaires. L’entreprise vise une réduction de 85% de ses émissions scope 1 et 2 par rapport à 2018 (market-based), ainsi qu’une réduction de 30% de ses émissions de scope 3 (achats de biens, transport, utilisation des produits). Ces deux objectifs sont validés par SBTi et alignés avec une trajectoire 1,5°C. Bosch affiche une réduction de 97% de son scope 2 market-based en 2023, exclusivement grâce à l’achat d’électricité renouvelable. Toutefois, ses émissions scope 1 ont augmenté de 8% sur la même période, ce qui illustre une approche opportuniste, centrée sur les leviers les plus simples.

La stratégie de réduction des émissions indirectes est marquée par de nombreuses actions, mais le manque de transparence et d’indicateurs consolidés limite leur crédibilité. Bosch ne publie ni ventilation des émissions par division ou activité, ni objectifs globaux par type de produit. Les leviers identifiés concernent l’augmentation de la part de matériaux recyclés (aciers, aluminium, plastiques), l’amélioration de l’efficacité énergétique des produits (notamment dans l’électroménager et l’automobile), et l’optimisation logistique. Si les efforts de certaines divisions semblent réels, ils ne s’inscrivent pas dans une démarche structurée au niveau du groupe. Entre 2018 et 2023, Bosch a réduit ses émissions scope 3 de 27 %, en grande partie grâce à la transformation de son portefeuille vers des produits moins énergivores et grâce à la transition du marché de l'automobile vers l'électrique.

Le plan de transition reste peu détaillé, sans pilotage stratégique clair à l’échelle du groupe. La gouvernance climatique est portée par le CEO et un membre du board, sans expertise spécifique sur le climat, et sans lien explicite entre les objectifs climatiques et la rémunération variable. L’analyse des risques climatiques existe mais reste vague, sans méthodologie ni résultats détaillés.

La politique fournisseurs de Bosch est robuste : collecte des données d’émissions, contrats d’objectifs avec les fournisseurs, et déploiement d’un code de conduite exigeant. Des cibles existent pour l’adoption d’engagements SBTi par les fournisseurs (objectif de 50% en 2030, 38% en 2024). En revanche, côté clients, Bosch ne présente pas de stratégie d’engagement structurée d’objectifs sur les émissions évitées par ses solutions de décarbonation. Le groupe capitalise toutefois sur la croissance de l’électromobilité, avec une ambition de 6 Mds € de chiffre d’affaires en 2026 dans ce secteur.

Les politiques de lobbying de Bosch posent question. L’entreprise ne publie pas d’audit de ses affiliations ni de plan d’action en cas de désalignement avec ses valeurs climatiques. Elle reste membre de plusieurs associations à positions ambivalentes sur le climat (VDA, CLEPA, SMMT) et s’oppose publiquement à certaines politiques européennes de transition énergétique, notamment la sortie du moteur thermique en 2035.

Enfin, bien que Bosch dispose dejà de modèles d'affaires actifs dans les services climat et les énergies renouvelables, aucune stratégie claire n’est publiée concernant leur développement. Des efforts sont évoqués sur l’économie circulaire et la suppression des produits inefficaces, mais sans objectifs, ni calendrier. Bosch n'a pas non plus pris d'engagement sur la sortie des modèles d'affaires incompatibles avec une économie bas carbone, notamment sur l'automobile thermique ou l'aviation. Enfin, Bosch ne communique pas sur la part de chiffre d’affaires liée à des produits bas carbone ni sur la planification de sortie de ses activités les plus émissives.

Score narratif

Modèle d'entreprise et stratégie : Les profits de Bosch sont largement basés sur la mobilité thermique. Bosch semble proactif sur le développement de l'électromobilité, mais bénéficie surtout des effets de transformation du marché. D'autres branches de l'entreprise montrent une appétence pour la transition bas carbone.

Cohérence et crédibilité : Environ 60% du CA de Bosch est réalisé sur la mobilité. Bien que Bosch soit proactif sur l'électromobilité, l'entreprise n'a pas défini de plan de sortie de la mobilité thermique et semble s'adapter surtout au marché, tout en réalisant un lobbying pour alléger les régulations sur la sortie du thermique en Europe. La transformation des business models n'est pas clairement planifiée et ces nouveaux BM ne sont pas vraiment intégrés dans une vision de transformation à long terme. La transition est donc peu crédible.

Qualité des données : Pas de données publiées sur l’intégralité des postes du scope 3. Pour les postes publiés : approche de collecte de données auprès des fournisseurs pour améliorer la qualité des données ; mais pas d'éléments sur les méthodologies utilisées pour le calcul des émissions liées à l'utilisation des produits, qui sont souvent très sensibles aux hypothèses. Bosch semble fabriquer des semi conducteurs mais ne mentionne pas d'émissions directes, notamment de gaz fluorés. Format de rapportage des émissions clair, notamment avec le site web "sustainability figures" qui permet de sélectionner les données environnementales de manière interactives.

Réputation : Bosch a été impliqué dans un scandale environnemental notable lié à l'industrie automobile. L'entreprise a été accusée de complicité dans le scandale des émissions de moteurs diesel appelé "Dieselgate". Ce scandale concernait la manipulation des tests d'émissions polluantes par certains constructeurs automobiles. Bosch, en tant que fournisseur de composants automobiles, a été accusé d'avoir fourni des logiciels utilisés pour contourner les tests d'émissions aux États-Unis. L'entreprise a lancé une enquête interne pour déterminer l'implication éventuelle de ses employés dans ce scandale et a coopéré avec les autorités dans le cadre des enquêtes.

Risques : Bosch présente une forte dépendance à la mobilité thermique : environ 60% des profits sont liés à la mobilité et 10% de cette activité seulement sur l'électromobilité. La transition bas carbone de l'activité de mobilité est fortement liée à la politique climatique de l'UE sur la sortie des moteurs thermiques à 2035. Cette politique est cependant menacée par de nouvelles discussions politiques. Paradoxalement, les activités de lobbying de Bosch poussent pour la revue de la sortie du thermique.s

Score de tendance

Bosch ne dispose pas d’objectif climatique à long terme ni de plan de transition structuré à l’échelle du groupe. Bien que certaines divisions mettent en œuvre des actions d’écoconception et suivent des feuilles de route internes, l’absence de pilotage global et de vision consolidée limite la lisibilité et la crédibilité de la stratégie climat de l’entreprise. Cette approche fragmentée n’est pas encourageante en matière de transition.

Par ailleurs, si Bosch a largement profité jusqu’à présent de la dynamique de marché liée à la transition du secteur automobile vers l’électrique, cette évolution pourrait être remise en question par l'Union Européenne dans les années à venir. Un éventuel ralentissement de l’électrification du secteur poserait alors un risque important pour la poursuite de la baisse des émissions du groupe.
Source
ACT Eval 2
Score Global
Score de performance (/100)
38
Score de transparence (/100)
86

ℹ️

Score narratif (A > E)

C

Score de tendance (- = +)

=

Scores par modules

#1 : meilleur score dans l'échantillon des résultats

N/A% = module non applicable à la méthodologie sectorielle

Objectifs de réduction : 31%

#1

Investissement matériel : 13%

#1

Investissement immatériel : 0%

#1

Performance des produits : 70%

#1

Management : 46%

#1

Engagement Fournisseur : 74%

#1

Engagement Client : 44%

#1

Engagement public : 8%

#1

Modèle d’affaires : 7%

#1

Pondération par module